Pré‑analyser mon site

Trafic7 min de lecture

Relance des paniers abandonnés : la séquence d'e-mails efficace

Combien d'e-mails envoyer, à quel moment et avec quel message pour récupérer les paniers abandonnés, sans brader votre marge ni froisser la CNIL.

Par Mounir Mouchemouche, Greenconversion

Sept paniers sur dix sont abandonnés avant la commande, et une partie de ces visiteurs n'attend qu'un rappel bien placé pour finir son achat. Une séquence efficace compte en général trois e-mails : un rappel simple dans l'heure, un message qui lève les objections le lendemain, puis une dernière relance deux à trois jours plus tard, avec ou sans geste commercial. Après lecture, vous saurez construire cette séquence, choisir le contenu de chaque e-mail et mesurer ce qu'elle rapporte réellement.

Pourquoi la relance de panier est-elle le scénario le plus rentable ?

Le Baymard Institute calcule un taux moyen d'abandon de panier de 70,22 % à partir de 50 études publiées. Ce chiffre comprend beaucoup de visiteurs qui n'avaient pas l'intention d'acheter : 42 % des acheteurs en ligne américains interrogés par Baymard disent avoir déjà abandonné un panier parce qu'ils « regardaient seulement ». Mais l'autre partie est récupérable, parce qu'elle a abandonné pour une raison précise.

Les relances de panier sont aussi les e-mails qui rapportent le plus par envoi. Le rapport 2026 de Klaviyo sur plus de 110 000 clients donne pour l'e-mail de panier abandonné un revenu moyen par destinataire de 6,77 dollars et un taux de clic de 6,0 %, et environ le double pour les 10 % de marques les plus performantes (13,70 dollars et 11,3 %). Chez Omnisend, les relances de panier et les e-mails de bienvenue génèrent ensemble 76 % des commandes issues des automatisations en 2025.

Quelle séquence mettre en place ?

Le calendrier

Les deux principaux routeurs convergent sur une séquence de trois messages. Omnisend recommande un premier envoi 30, 45 ou 60 minutes après l'abandon et présente la séquence en trois e-mails comme la pratique courante. Klaviyo donne en exemple un premier rappel deux à quatre heures après l'abandon, un deuxième message vers 24 heures et un dernier environ 48 heures plus tard, en précisant que le bon nombre dépend du secteur et du catalogue.

E-mail Délai après l'abandon Rôle Contenu
1. Rappel 30 minutes à 4 heures Rattraper l'interruption Image et nom du produit, prix, bouton de retour au panier
2. Réassurance Environ 24 heures Lever l'objection Frais de livraison, délais, retours, avis clients
3. Dernière relance 48 à 72 heures Déclencher la décision Rappel de disponibilité, alternatives, geste commercial éventuel

Testez le délai du premier e-mail : sur un produit à achat impulsif, une heure suffit ; sur un canapé à 1 500 €, le client compare plusieurs jours, et un rappel trop rapide peut paraître insistant.

Le contenu de chaque e-mail

E-mail 1, le rappel. Pas de remise. Le client a peut-être été interrompu. Montrez exactement ce qu'il a laissé (photo, variante, taille, prix) et un seul bouton qui le ramène au panier déjà rempli. L'objet reste factuel : « Votre panier vous attend ».

E-mail 2, la réassurance. C'est le plus important, parce qu'il répond aux raisons réelles d'abandon. Selon Baymard, les acheteurs qui abandonnent pour une raison liée au site citent d'abord des coûts supplémentaires trop élevés (40 %), puis une livraison trop lente (20 %), un manque de confiance pour saisir leur carte (19 %), la création de compte obligatoire (18 %), un tunnel trop long ou compliqué (17 %) et une politique de retour insatisfaisante (13 %). Votre deuxième e-mail doit donc afficher :

  • le coût de livraison réel et le seuil de livraison offerte ;
  • le délai de livraison daté (« livré jeudi si vous commandez avant 14 h ») ;
  • la politique de retour en une phrase ;
  • deux ou trois avis clients sur le produit abandonné ;
  • la possibilité de commander sans créer de compte, si votre site la propose.

E-mail 3, la dernière relance. Rappelez le stock si l'information est vraie, proposez des produits proches, et décidez si un geste commercial est justifié.

Faut-il offrir une remise dans la relance ?

Pas systématiquement. Une remise envoyée à chaque abandon apprend à vos clients à abandonner leur panier pour l'obtenir, et elle s'applique aussi aux clients qui auraient acheté sans elle. Trois règles limitent ce risque :

  • réservez la remise au troisième e-mail, jamais au premier ;
  • excluez les clients qui ont déjà reçu une remise de relance dans les 90 derniers jours ;
  • préférez la livraison offerte à un pourcentage, puisque les frais supplémentaires sont la première cause d'abandon citée par Baymard.

Mesurez l'effet avec un groupe témoin : une partie des paniers reçoit la séquence sans remise. Si l'écart de taux de récupération ne couvre pas la marge cédée, retirez la remise.

Quelles règles CNIL s'appliquent aux relances ?

Dans sa foire aux questions publiée avec sa recommandation sur les pixels de suivi, la CNIL traite spécifiquement le « courriel de relance panier » : elle le considère comme promotionnel, et précise qu'un pixel de suivi dans ce type de courriel « ne peut pas être exempté de consentement préalable ». Le délai de mise en conformité pour les adresses déjà collectées courait jusqu'au 14 juillet 2026.

Concrètement :

  • vérifiez que chaque adresse relancée a une base légale valable, consentement ou exception client existant, selon les règles rappelées par la CNIL ;
  • si le visiteur n'a pas consenti aux pixels de suivi, désactivez le suivi des ouvertures sur ces envois et mesurez la performance par les clics et les commandes ;
  • proposez un lien de désinscription dans chaque e-mail de la séquence.

Comment mesurer ce que rapporte la séquence ?

Le taux d'ouverture n'est plus un bon indicateur, pour les raisons de consentement vues ci-dessus. Suivez plutôt :

  • le taux de récupération : commandes issues de la séquence divisées par paniers abandonnés relancés ;
  • le revenu par destinataire, e-mail par e-mail, pour savoir lequel travaille ;
  • le gain incrémental face au groupe témoin, seul chiffre qui dit ce que la séquence ajoute vraiment.

Dans la méthode Greenconversion, la relance agit sur le taux de conversion : elle ramène sur le site des visiteurs déjà qualifiés. Elle ne remplace pas la correction du tunnel de commande lui-même. Si 40 % des abandons viennent des frais de livraison, l'e-mail les rattrape après coup, mais afficher ces frais dès la fiche produit en évite une partie. Notre pré-analyse offerte chiffre les deux fuites. Pour cibler encore mieux vos relances selon le profil du client, voyez comment segmenter sa base e-mailing.

À retenir

  • Le taux moyen d'abandon de panier documenté par Baymard est de 70,22 %.
  • Trois e-mails suffisent : un rappel dans les premières heures, une réassurance vers 24 heures, une dernière relance à 48 ou 72 heures.
  • Le deuxième e-mail doit répondre aux causes réelles d'abandon : frais, délais, confiance, retours.
  • La remise n'est pas automatique : réservez-la au dernier e-mail et testez-la contre un groupe témoin.
  • La CNIL classe la relance de panier comme promotionnelle : pas de pixel de suivi sans consentement.

Sources